N°4 le retour (trouvé sur un forum auto-école)


BILLET D'HUMEUR

 

En ces temps tourmentés où il se dit tout et n'importe quoi, l'avenir d'un service public semblant menacé, et le devenir d'une profession tendant vers une certaine forme de précarité, il semblerait nécessaire d'orienter notre réflexion vers une réforme plus globale du système pour tendre vers une évolution qui viserait à rendre accessible le permis de conduire dans des délais raisonnables et à des coûts modérés, tout en offrant des possibilités concrètes qui sortiraient du discours consensuel et " politiquement correct " que nos ministres de tutelle ne manquent pas de distiller à des fins électorales.

Contrairement à ce qui paraît établi, dans les esprits, il ne s'agit pas d'un " combat " qui opposerait le service public et ses agents Inspecteurs des permis de conduire, à une activité économique privée, mené par des exploitants d'auto-école en constante aspiration de profit.

Cette vision nous cantonnerait dans une pensée réductrice d'un problème où l'usager pourrait apparaître comme victime, voire otage de la défense d'intérêts corporatistes.

Par ailleurs, n'oublions pas que les axes de réflexions actuellement retenus font totalement abstraction des comportements négatifs de l'usager. Certes, le permis de conduire est devenu au fil du temps un sésame important, intégrateur de la vie sociale moderne, toutefois il ne s'est pas assorti de l'évolution positive qui devrait poindre dans l'état d'esprit de chacun. Nous voyons de plus en plus se forger des théories où l'accession à l'autonomie de circulation est devenu " un droit " occultant de la sorte toutes les notions de devoirs, d'efforts personnels, de motivation et d'implication qui devraient s'assortir à toute forme de liberté.

Je pense que nous devrions tendre vers une solution qui, dans l'harmonie des intérêts des différents acteurs, ne devrait pas négliger la responsabilisation des apprenants, et générer leur implication forte dans le cursus de formation.

La solution serait peut-être de tendre vers un système où chaque acteur n'aurait qu'un seul rôle à tenir.

-         L'élève a pour but de devenir " Candidat " pour se présenter au permis de conduire en vue de le réussir et ainsi concrétiser son accession à l'autonomie de circulation qui lui est chère.

-         L'établissement de conduite a une obligation de moyens, dans le domaine qui est le sien, et qui vise à assurer la formation des conducteurs.

-         L'administration, qu'en à elle, doit rester le garant de l'ordre public au travers de son regard neutre, dans le cadre qui lui est dévolu des examens du permis de conduire.

 Comment faire évoluer le système positivement ?

                        Pour l'élève :

 

-         Maintenir le caractère onéreux de la formation, car cela reste tout de même un vecteur important de motivation.

-         L'impliquer et concrétiser la notion de " Devoirs " qui lui incombe, au travers des différentes démarches à entreprendre pour s'inscrire et constituer son dossier d'inscription, mais également pour solliciter l'administration compétente pour obtenir les convocations nominatives qui lui permettront de présenter les différentes épreuves nécessaires à l'obtention de son permis de conduire.

-         Lui faire comprendre que le permis de conduire n'est qu'une évaluation " sommative " objective, d'un certain nombre de savoir, de savoir-faire et de savoir-être qui lui auront été dispensé lors d'une formation complète. Le livret de formation étant l'outil de référence. Cette formation exhaustive, lui permettant de pouvoir circuler n'importe où et en toutes circonstances avec tout type de véhicule de la catégorie de permis qu'il aura sollicité.

 
L'établissement de conduite :

 

-         Il doit rester un prestataire de service et être dépositaire d'une obligation de moyens à l'égard des élèves qu'il accueille.

-         Il doit répondre au cahier des charges imposé par l'administration de tutelle qui délivre un agrément, et se soumettre impérativement à toute forme de contrôle inopiné.

-         Sa mission doit rester exclusivement axée sur l'aspect formatif et pédagogique.

-         Son rôle de conseil ne doit pas être parasité par les aspects administratifs qu'il ne peut pas maîtriser, tels les méandres complexes des formalités d'inscription, les délais de passage ou les présentations aux examens.

-         Il doit devenir un conseiller donnant un avis professionnel et motivé à un usager libre d'assumer pleinement et en toute connaissance de cause, ses décisions sans que celles-ci puissent interférer sur le fonctionnement de l'organisme prestataire de service.

 L'administration :

 

Son rôle doit se crédibiliser au travers d'une volonté affichée d'assumer le bon déroulement des examens qui lui sont dévolus dans le cadre de sa mission de service public. Pour ce faire :

 

-         Elle doit être en mesure d'assumer une égalité de traitement des usagers au travers des conditions d'accueil des candidats aux examens du permis de conduire.

 

-         Elle se doit également de veiller à l'omogenité des conditions de circulation requises sur les lieux retenus comme " Centre d'examen " au plan national, et faire en sorte que la totalité des candidats soit en mesure de réagir efficacement à des niveaux de performance conformes aux réalités d'un trafic révélateur de leur futur quotidien de conducteur.

 

-         Elle devrait également être en mesure de disposer d'un parc automobile qui viserait à supprimer toutes les notions de " bachotage " et de " connaissances limitées " pour enfin s'assurer de la maîtrise, par chaque candidat, des notions de savoirs, savoir-faire et savoir-être en tout lieu et en toutes circonstances, avec toute la neutralité et l'objectivité qui lui incombe.

 

-         Elle doit également avoir en point de mire la volonté de réaliser un véritable " Bilan de compétence " et cesser de se cantonner à des " Constats d'insuffisance ". L'outil de communication avec le candidat doit, de ce fait, être plus explicite et devrait s'assortir de l'accompagnement d'un commentaire oral personnalisé.

 

Ces propositions ne me semblent pas affecter les prérogatives de chacun des acteurs du système, mais visent à clarifier le rôle et les moyens à mettre en oeuvre pour parvenir à une amélioration du système.

 

-         Les établissements de formation n'interfèrent pas sur les actions de l'administration.

-         L'administration conserve son rôle de service public et de garant de l'acte administratif de circulation.

-         Les usagers se trouvent impliqués et responsabilisés dans un système où ils ne peuvent plus se cantonner au statut confortable de consommateur.

 

Chaque élément du triptyque se voit définir les responsabilités qu'il devra assumer pleinement vis à vis des autres.

 

 



Article publié le 08/05/2008 par jpp
 
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