En juin 2006, l'UNIC a présenté un projet de réforme du système formation/examen appelé " auto-école-autrement ".
Durant l'été 2006 ce projet a été transmis à plusieurs ministères (voir site www.auto-école-autrement.com ), il a été reçu, avec beaucoup d'attention, par les cabinets ministériels.
Ce projet a été durement attaqué par un syndicat d'IPCSR et par un syndicat d'écoles de conduite. Il est toujours source de débats et de polémiques.
La profession est à l'aube d'une réforme importante, qui pour certains est la conséquence du travail de l'UNIC auprès des politiques, députés (proposition de loi GARRAUD), cabinets ministériels, si tel est le cas nous en sommes fiers.
En cette période de débats sur la réforme de l'examen, il nous semble utile et essentiel de faire quelques mises au point.
Pour commencer, l'UNIC n'a jamais demandé la privatisation des inspecteurs du permis de conduire.
L'UNIC a demandé la privatisation de l'examen, il y a là une nuance de taille.
D'autre part l'UNIC n'a pas une position jusqu'au boutiste sur la privatisation mais pragmatique.
La profession est confrontée depuis des années à un problème récurrent de pénurie de places d'examens. La nouvelle répartition, à laquelle l'UNIC est opposée depuis le début, n'apporte pas la solution souhaitée. Au contraire, non seulement elle empêche la croissance de nos entreprises, mais en plus elle place le chef d'entreprise en état de dépendance face au bon vouloir de l'administration. Ceci est intolérable !
Partant de ce constat, l'UNIC a souhaité repositionner tous les acteurs du permis de conduire à leur juste place. Les inspecteurs d'Etat voient leurs missions redéfinies avec essentiellement une mission de contrôle du système, les écoles de conduite sont recentrées sur leur métier : la formation, les inspecteurs privés produisent des examens pour les élèves.
Lors de tous nos entretiens dans tous les cabinets ministériels ou avec des députés, il nous a été posé la question suivante : " pourquoi voulez-vous privatiser ? ", nous avons toujours répondu : " Si l'Etat embauche un nombre important d'inspecteurs, nous serons très satisfaits et, dans ce cas, il n'y a aucune raison de privatiser ", la réponse a toujours été la même : " Il n'en est pas question ! ". Voilà pourquoi notre position est pragmatique.
Pourquoi demander des embauches alors même que l'on nous a déjà dit de ne pas y penser ? Il s'agit d'une position de raison.
Privatisation ou externalisation, cela nous importe peu. Que le futur opérateur spécifique soit privé ou se présente sous la forme d'un établissement public, le résultat sera le même c'est l'assurance de voir le nombre d'inspecteurs augmenter ainsi que le nombre d'examens. En effet le droit d'examen payé par l'élève permettra ces embauches.
Contres vérités :
Le permis sera donné plus facilement.
FAUX ! L'opérateur spécifique sera contrôlé par les ipcsr actuels d'Etat, d'autre part il gagnera de l'argent sur la production d'examen, il n'a donc aucun intérêt à baisser le niveau.
La formation coûtera plus cher aux jeunes, du fait du droit d'examen.
FAUX ! Ce sont les délais d'attentes qui coûtent chers, dans ce cas il ne devra plus y avoir de délais de re-convocation.
Le système dérivera vers le modèle Belge, sans formation en auto-école.
FAUX ! Qui peut croire que les parents de nos élèves, qui ont déjà beaucoup de difficultés à être accompagnateurs en AAC, seront demain les formateurs de leurs enfants ? Cet argument est utilisé par nos détracteurs pour faire peur aux plus crédules d'entre nous.
Avantages :
Avoir des examens quand nous en avons besoin, pouvoir en choisir le nombre et la date. Pourquoi avoir par exemple 20 places ce mois alors que 5 de nos B1 sont prêts et pourquoi avoir 15 places le mois suivant si nous en avons besoin de 20 !
Avoir des conditions d'examens pratiques correctes : local aménagé pour l'attente. Tant pour nos élèves, que pour nous ainsi que pour les inspecteurs. Combien de candidats ratent l'examen pour avoir attendu sous la pluie par – 5°, pas de toilettes, pas de machine à café, etc.
Supprimer complètement les délais en cas d'échec, et donc de réduire le coût de la formation pour nos élèves. Ce qui permettra de libérer nos plannings des redoublants et donc de pouvoir donnez plus de cours à nos B1 pour un meilleur taux de réussite. Cqfd pas de perte de chiffre d'affaire et meilleure réputation : tout le monde est gagnant. Nous cassons l'image selon laquelle l'école de conduite gagne de l'argent sur les échecs.
L'école de conduite ne fera plus le " tampon " entre ses élèves et l'Etat, la pression sera moins forte sur nos établissements, il y aura moins, voir plus du tout, de conflits avec nos élèves.
Dédramatiser l'examen pratique. Du fait de la suppression des délais, les candidats seront moins stressés ce qui devrait entraîner une amélioration du taux de réussite.
Pouvoir programmer les examens sur plusieurs mois, donc améliorer la qualité de la formation et optimiser la gestion de nos entreprises.
Inconvénients :
Risque de perte des centres secondaires. Mais c'est déjà un sujet d'actualité au sein de l'administration.
Plus de contrôles, mais cela tirera la profession vers le haut et donc de pouvoir nous faire payer à notre juste prix.
Nous devrons certainement réduire nos frais d'inscriptions aux examens (hors frais de l'opérateur) pour les ramener à un juste prix en proportion du tarif horaire des leçons de conduite. Par contre les leçons de conduite devront être facturées à un prix permettant la rentabilité de l'entreprise. En un mot nous devrons gagner de l'argent sur le coeur de notre métier : la leçon de conduite. Mais est-ce un inconvénient ?
Pour conclure, un important syndicat d'IPCSR, demande de façon récurrente et légitime la diversification des missions des inspecteurs. Le même syndicat refuse d'entendre parler d'externalisation. N'y a-t-il pas là une incohérence ? Alors que nous leur proposons un projet qui leur permet de ne plus faire d'examens et de les amener vers des missions de contrôles ou de formations plus gratifiantes, ils refusent. Ils souhaitent rompre la routine, mais ils ne veulent pas que d'autres fassent les examens à leurs places. C'est à y perdre son permis latin !!
Pour toutes ces raisons et d'autres, l'UNIC souhaite l'externalisation de l'examen, soit sous forme d'une privatisation, soit sous la forme d'un établissement public de forme EPIC, nous avons depuis longtemps proposé au gouvernement notre vision d'un établissement public de forme EPIC.
Nous l'assumons et nous affirmons qu'effectivement aucun autre syndicat n'a fait de propositions de réforme. Que chacun sache que seul l'UNIC bouge et propose !
Notre syndicat est, sans aucun doute, à l'origine de la réforme.
Ne l'oubliez jamais.
La profession a enfin un syndicat qui roule pour elle !