TAUX DE REUSSITE REFLEXION
AFFICHAGE DES
TAUX, LA SURPRISE N'EN N'EST PAS UNE
La réunion du CSECAOP du 15
février 2008 a donné lieu une contestation générale des organisations
professionnelles contre l'affichage des taux de réussite. Cette contestation
générale a permis une prise de positions commune et une union de tous les
syndicats, nous ne pouvons que nous en féliciter. Mais la somme des contraires
peut-elle donner un résultat positif ? Que restera-t-il de cette belle union si
demain, à l'instar des taxis, nous devons descendre dans la rue ?
La mesure du CISR prévoyant
l'affichage des taux de réussite est-elle une surprise ? Ne fallait-il pas s'y
attendre ? Cela était prévisible, ceci pour deux raisons essentielles.
Tout d'abord il est dans l'air du
temps de vouloir tout évaluer et mesurer. Cela a commencé avec les facs, les
lycées et autres organisations, ce gouvernement va noter ses ministres, nous
voyons régulièrement des notations concernant les communes, celles où il fait
bon vivre, celle qui en fait le plus pour les personnes âgées, etc. Pourquoi
les écoles de conduite échapperaient-elles à cette tendance ?
Déjà le rapport LIEBERMAN (juin 2005) prévoyait, malgré l'avis
unanimement défavorable des organisations consultées (l'UNIC n'a pas été invité
pour ce rapport), un affichage des taux de réussite. Le même rapport prévoyait
un encadrement du dit affichage, je cite :
" Faut-il
renoncer devant ces arguments ? Ou faut-il avancer prudemment et de façon
expérimentale, en créant les garde fous de nature à éviter ou à réduire certains
risques mis en évidence ? "
Je ne développerai pas ici les
arguments contre l'affichage, ce n'est pas le but et ils sont largement connus
de tous.
Le rapport développe ensuite un
certain nombre de " garde fous ". ce rapport reprend, déjà, tous les
arguments développés ces temps ci pour justifier l'opposition à cet affichage,
nous pourrions donc le considérer comme objectif et complet, or il n'en est
rien. Le rapport LIEBERMAN (pour cette partie, tout au moins) n'est pas
objectif et ne prends pas en compte un élément essentiel du problème, je veux
dire le facteur humain.
Le permis de conduire est le seul
examen où le résultat est décidé par un seul individu. M. LIEBERMAN envisage
bien une " stabilisation " de l'examen, mais à aucun moment il admet,
ou envisage, qu'un IPCSR peut ne pas être impartial, neutre et objectif. C'est
là un oubli fondamental qui à lui seul permet de justifier le refus de
l'affichage.
Nous connaissons tous des IPCSR
qui donnent moins facilement le permis, d'autres qui jugent selon la sympathie
ou l'antipathie qu'ils éprouvent pour l'école de conduite qui présente les
candidats, cela est aisé à démontrer.
Donc, la position, en faveur de
l'affichage, développée dans le rapport LIEBERMAN, n'est pas recevable, ce
rapport faisant abstraction, volontairement ou par omission, d'un facteur
déterminant.
Autre raison qui justifie
l'affichage des taux de réussite : la nouvelle répartition. Cette nouvelle
méthode basée exclusivement sur le taux de réussite ne peut qu'entraîner la
mesure du CISR. L'affichage n'est que la continuité de cette méthode, la partie
visible aux yeux du grand public.
Nous pouvons donc nous étonner de
voir dans cette union des contraires les mêmes qui défendent la nouvelle
répartition en rappelant haut et fort qu'ils ne veulent pas entendre parler de
taux de réussite. Et la nouvelle répartition c'est quoi alors ?! Ceux là en
défendant la nouvelle méthode ont mis le doigt dans un engrenage qui ne peut
qu'amener l'affichage des taux de réussite. Affichage qui se fait, depuis déjà
2 ans, déjà sur les sites de certaines préfectures.
Pourrons-nous longtemps nous
opposer à cette tendance ? Il est à craindre que non, même si cela nous
déplait.
Face à une telle volonté
gouvernementale et sociale, il est bon d'avoir montré une opposition unie, mais
il ne faut oublier de proposer une sortie de crise honorable pour tous.
Ainsi, nous pourrions profiter de
la réforme en devenir, pour proposer que l'examen soit revu et que le candidat
soit examiné par un binôme d'inspecteurs, binôme qui dont la constitution
changerait tous les jours, ceci pourrait être accompagné d'une mesure de turn over qui éviterait à une école de conduite d'être régulièrement examinée par
les mêmes inspecteurs. Ainsi nous aurions une diminution du risque de
consécutif à la non-objectivité de l'IPCSR.
L'UNIC n'est évidemment pas
favorable à l'affichage des taux de réussite, toutefois le statuquo ne me
semble pas envisageable, d'autant plus qu'il n'est pas certain que des élèments
de l'union sacrée ne décrochent pas s'il faut aller plus loin. Nous savons tous
que certains parmi cette union se contentent d'opposition de principe mais
refusent toute opposition.
C'est pourquoi nous devons rester
vigilants et envisager des propositions.
Article publié le 28/02/2008 par jpp |